Doris Lessing est une grande dame de la littérature, britannique, née en 1919, elle a reçu le prix nobel de littérature 2007 et est connue pour s'être engagée sur les questions de l'anti-colonialisme, l'anti-apartheid et le féminisme. Son oeuvre s'inspire largement de son expérience africaine et de ses engagements politiques et sociaux. The Sweetest Dream ne fait pas exception à la règle. Le roman traverse un bonne partie du 20ème siècle du Londres de l'Après-Guerre à l'Afrique des années 1990. Doris Lessing y dépeint, avec beaucoup d'humour et d'une plume acide, l'égoïsme et l'hypocrisie des membres du parti communisme qui veulent libérer le monde de la tyrannie impérialiste mais finissent par servir leurs propres intérêts. Au-delà du message politique, la richesse du roman réside principalement dans ses personnages. Frances Lennox, l'ex-femme du camarade Johnny a trouvé refuge avec ses 2 fils dans la demeure londonnienne de son ex- belle-mère, Julia. Les 2 femmes partagent la même incrédulité, pour ne pas dire le même mépris, pour le rêve borné de Johnny qui, par ailleurs, n'assume aucune de ses obligations familiales. On suit le destin de ces 2 femmes et de la troupe d'adolescents qui envahit la maison à travers les époques. L'amour libre, la famille composite, la psychanalyse, l'anorexie, l'Afrique post-colonialiste ravagée par le sida, la moralité de la Banque mondiale... Doris Lessing explore les multi-facettes de notre histoire récente et particulièrement du prix du rêve d'après-guerre. Je me suis régalée de tous ces portraits finement brossés.